Le fromage fait partie des aliments où beaucoup de gens ne voient pas le problème.
Pour la viande, les enjeux sont plus documentés et plus souvent évoqués.
Pour les produits laitiers, et aussi pour les œufs, c’est encore très flou. Beaucoup de personnes ne comprennent pas vraiment pourquoi on veut arrêter d’en consommer.

Alors dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi j’ai arrêté le fromage à raclette traditionnel, les problèmes liés aux produits laitiers de façon générale et te partager mon avis sur les alternatives végétales au fromage à raclette que j’ai testées.
Pour faire simple, je vais l’appeler “raclette vegan” dans la suite de l’article, même si on parle plus exactement d’alternatives végétales au fromage à raclette.
Fait n°1 : Tous les fromages à raclette ne sont pas végétariens
On pense souvent qu’un fromage est forcément végétarien.
En réalité, beaucoup de fromages utilisent encore de la présure animale.
La présure est utilisée dans la fabrication de nombreux fromages pour faire cailler le lait. Quand elle est d’origine animale, elle provient de l’estomac de jeunes ruminants non sevrés, comme les veaux, les agneaux ou les chevreaux.
C’est pour cette raison qu’un fromage peut poser problème pour une personne végétarienne, même s’il ne contient pas de viande.
La seule façon d’être sûr, c’est de vérifier l’étiquette.
Il faut chercher les mots “présure”, “coagulant”, “coagulant microbien”, “enzyme coagulante”, ou une mention claire comme “convient aux végétariens”.
Un fromage avec un coagulant microbien ou végétal peut convenir aux végétariens, car il ne contient pas de présure animale.
En revanche, il ne convient pas aux végétaliens, puisqu’il reste fabriqué avec du lait animal.
Une personne végétalienne ne consomme aucun produit issu des animaux : ni viande, ni poisson, ni lait, ni fromage, ni œufs, ni miel. Une façon simple et efficace de refuser l’exploitation animale quelle qu’elle soit.
Fait n°2 : le problème avec l’industrie laitière
Le fromage vient du lait. Je pense que je ne t’apprends rien.
Pour produire du lait, une vache doit avoir eu un veau. Là, en revanche, beaucoup de gens l’ignorent encore. Beaucoup pensent que les vaches laitières produisent du lait toute l’année, toute leur vie, sans intervention extérieure.
C’est faux.
Comme tous les mammifères, une vache produit du lait après la naissance d’un petit.
Dans la filière laitière, les vaches sont mises à la reproduction, principalement par insémination artificielle. Elles intègrent ensuite le troupeau laitier après la naissance de leur premier veau. La gestation dure environ 9 mois et la lactation dure environ 10 mois.
Puis le cycle recommence. Encore et encore.

Une vache est inséminée à répétition pour produire du lait, jusqu’au moment où elle n’est plus jugée assez rentable. Elle est alors envoyée à l’abattoir. L’Institut de l’Élevage indique qu’en France, en 2023, l’âge moyen en fin de vie des vaches laitières était de 70,5 mois, soit un peu moins de 6 ans. Les bovins peuvent pourtant vivre autour de 20 ans dans d’autres conditions de vie.
Dans les élevages laitiers, la séparation rapide du veau et de sa mère après la naissance est une pratique courante. Et quand on comprend le lien qui unit une mère à son petit, c’est difficile de faire comme si ce n’était rien. Elle peut gémir pendant plusieurs jours durant.
Le veau est séparé de sa mère pour que le lait soit collecté et destiné à la consommation humaine. L214 indique que, dans presque tous les élevages laitiers, le veau est séparé de sa mère à la naissance ou dans les 24 heures.
Les veaux issus de la filière laitière ne restent pas tous dans les élevages. Les femelles peuvent servir au renouvellement du troupeau. Les mâles, eux, sont en grande partie dirigés vers la filière viande. Les veaux laitiers sont généralement envoyés à l’abattoir vers 5 à 6 mois en France, et jusqu’à 8 mois pour l’appellation “veau de boucherie” en Europe.
Les jeunes veaux peuvent aussi être placés en isolement précoce et logés en cases individuelles pendant leurs premières semaines de vie. pour quelles raisons ?

C’est pour ça que le fromage, et l’industrie laitière de façon générale, sont aussi un vrai sujet éthique.
Reproduction. Lactation. Séparation. Réforme des vaches. Valorisation des veaux par la filière viande.
Et en tant que fille d’Auvergnat, je peux te dire que le fromage a vraiment été ce qu’il y a eu de plus difficile et de plus long à conscientiser.
Mais je crois qu’avoir vu de mes propres yeux des cages à veaux dans un élevage situé dans un village voisin a fini de me convaincre.
Fait n°3 : L’addiction au fromage
Bien sûr que le fromage n’a pas le même pouvoir addictif que le tabac, l’alcool ou les drogues.
On ne parle pas ici d’une dépendance au sens médical strict, avec les mêmes effets sur le cerveau, le même sevrage ou les mêmes risques.
Le fromage peut pourtant créer une certaine addiction et une vraie difficulté à s’en passer.
Déjà, les études sur l’addiction alimentaire montrent que les aliments riches, gras, salés ou très transformés sont souvent ceux qui déclenchent le plus de pertes de contrôle, d’envies fortes et de difficulté à réduire. Source : PLOS One, Which Foods May Be Addictive?
Ils stimulent le circuit de la récompense. La dopamine joue un rôle important dans ce circuit : elle participe à l’envie, à la motivation et au fait de rechercher à nouveau ce qui a déjà été perçu comme agréable.
Il y a aussi la caséine, la principale protéine du lait.
Quand on digère la caséine, elle peut libérer de petits fragments appelés casomorphines. Ces casomorphines ont une activité de type opioïde, c’est-à-dire qu’elles peuvent interagir avec certains récepteurs impliqués dans le plaisir et l’apaisement. Source : International Journal of Molecular Sciences, Food-Derived Opioid Peptides in Human Health
Il faudrait environ 3 semaines pour commencer à passer le cap du “sevrage”.
Pour l’avoir testé moi-même, l’envie commence vraiment à disparaître au bout d’un mois.
Les premières semaines sont souvent les plus difficiles. Puis les envies diminuent quand on change ses habitudes et qu’on s’expose moins à l’aliment.
Commencer par arrêter d’en acheter quand on fait ses courses est un excellent point de départ. Parce qu’une fois qu’il n’est plus dans le frigo, c’est quand même plus simple. Et je ne pense pas que ce soit le meilleur moment (le sevrage) pour remplacer le fromage animal par du fromage végétal.
Les fromages végétaux ne sont pas encore aussi aboutis que les alternatives végétales à la viande ou à la charcuterie. Je trouve qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire sur le goût et la texture. Et c’est plus cher.
Je pense qu’il est préférable de changer ses habitudes avant de réintégrer ces alternatives pour ne pas être déçu.e. Surtout les voir comme des produits qui ont le même usage mais pas le même goût. Les affinés de cajous sont bons. Vraiment. Mais ça n’a pas le goût du fromage il faut l’accepter.
Mais pour moi, ça reste préférable à la participation à des pratiques que je trouve insoutenables.
Les vaches sont des êtres sentients. Elles ressentent la douleur, le stress, la peur, mais aussi des émotions positives. L’ANSES définit la sentience comme la capacité d’un animal à ressentir des émotions, des perceptions et des expériences subjectives. Source : ANSES, rapport sur le bien-être animal
On l’accepte très bien quand on parle d’un chien ou d’un chat.
La vraie question, c’est pourquoi on refuse encore si souvent de l’appliquer aux autres animaux.
Disclaimer sur les alternatives végétales
Les alternatives végétales au fromage, à la viande, au poisson et à la charcuterie sont des produits transformés. On est d’accord avec ça.
Et pour moi, ce n’est pas un problème en soi.
Ce sont des produits utiles pour les personnes qui aiment le goût de la viande, charcuterie etc, mais qui ne veulent plus manger de produits animaux pour des raisons éthiques ou écologiques.
Ayant le même usage, ils permettent aussi de partager un repas simple, convivial, avec des personnes qui n’ont pas le même régime alimentaire.
Une raclette, c’est typiquement le genre de repas convivial qu’on a envie de partager ensemble, même sans avoir les mêmes convictions. Ca évite de s’exclure ou d’être exclu de ce genre de repas entre amis ou en famille et si avec notre fromage à raclette vegan on peut inspirer et déclencher des remises en question c’est super positif !
Et non, ces produits ne sont pas la base de l’alimentation du quotidien. C’est un repas plaisir.
Dans une alimentation équilibrée, il y a de la place pour ça.
C’est le principe du 80/20.

Mon avis sur les fromages à raclettes vegan que j’ai testées
Pour l’instant j’ai testé 3 alternatives végétales au fromage à raclette.
- RichesMonts Les Fondants Végétaux, trouvés en supermarché.
- Violife Tranches Raclette, trouvées aussi en supermarché.
- New Roots La Raclette vegan, trouvée en magasin bio.
Quand j’en testerai des nouveaux je mettrai cet article comparatif à jour.
Petit disclaimer avant de commencer : on a tous nos goûts. Un fromage à raclette vegan qui me plaît peut très bien ne pas te plaire. Et l’inverse est vrai aussi.
Ce comparatif reste donc mon avis personnel, et celui de l’amoureux, puisqu’on était d’accord sur les 3 produits testés.
Je serais d’ailleurs curieuse d’avoir ton avis en commentaire si tu les as déjà goûtés.
1. Les Fondants Végétaux de RichesMonts

Les Fondants Végétaux de RichesMonts sont vendus en paquet de 200 g, avec 5 tranches de 40 g.
Côté composition, on est sur une préparation végétale à base d’eau, d’huile de coco 21 %, d’amidons modifiés de pomme de terre et de tapioca, de fécule de pomme de terre, de maltodextrine, de sel, d’arôme naturel, d’acide citrique, de caroténoïdes, d’extrait d’olive et d’extrait de poivron.
Le produit est labellisé vegan.
Côté valeurs nutritionnelles, pour 100 g, on est sur 265 kcal, 21 g de matières grasses, dont 19 g d’acides gras saturés, 19 g de glucides, moins de 0,5 g de sucres, moins de 0,5 g de fibres, moins de 0,5 g de protéines et 2 g de sel.
Donc soyons clairs : ce n’est pas une source de protéines. C’est une alternative végétale pensée pour fondre, donner du gras, du sel, du goût et retrouver l’esprit raclette.
À l’usage, les tranches sont très larges. Il faut les recouper pour qu’elles rentrent dans le poêlon.
La fonte est assez longue. Ce n’est pas aussi coulant qu’un fromage à raclette classique. La texture est un peu pâteuse et ça s’enlève moins facilement du poêlon.
Côté goût, en revanche, c’est celui qui m’a le plus surprise.
Je m’attendais à quelque chose de très loin du fromage à raclette. Finalement, c’est celui qui s’en rapproche le plus dans les trois que j’ai testés.
La texture n’est pas parfaite, mais le goût fonctionne bien.
C’est celui que je rachèterais pour nos prochaines raclettes party vegan.
2. Violife Tranches Raclette

Violife propose des tranches végétales pour raclette, en paquet de 200 g avec 10 tranches.
Côté composition, on est sur une préparation alimentaire à base d’huile de noix de coco, avec de l’eau, de l’amidon modifié, de l’huile de coco 23 %, du sel marin, des arômes, de l’extrait de sorbier, un arôme fumé, de l’acide citrique, de l’extrait d’olive, du carotène et de la vitamine B12.
Le produit est vegan, sans lait, sans soja, sans gluten, sans lactose, sans noix et sans conservateurs artificiels selon l’emballage.
Pour 100 g, on est sur 298 kcal, 23 g de matières grasses, dont 20 g d’acides gras saturés, 22 g de glucides, 0 g de sucres, 0,1 g de protéines, 2,3 g de sel et 2,5 µg de vitamine B12.
Là encore, ce n’est pas une source de protéines. On est quasiment à zéro.
Les tranches rentrent un peu plus facilement dans le poêlon que les RichesMonts.
À la cuisson, ça fond, mais la texture reste super collante.
En bouche, je n’ai pas aimé du tout (et c’est un euphémisme).
J’ai trouvé le goût de coco très/trop présent. Je ne rachèterai pas.
3. New Roots La Raclette Vegan

New Roots propose une alternative végétale à la raclette, en paquet de 200 g. Celle que j’ai testée est la version nature. Les tranches sont assez épaisses.
Le produit est 100 % végétal, bio, vegan, sans gluten, fabriqué en Suisse.
Côté composition, sur mon paquet, on est sur une préparation de légumineuses fermentées 61 %, avec eau et lupin, puis amidon, graisse de coco, huile de tournesol riche en acide oléique, pectine, carraghénane issu d’algues rouges, extrait de levure, sel et arôme naturel.
Le produit contient du lupin, donc attention pour les personnes allergiques.
Côté valeurs nutritionnelles, pour 100 g, on est sur 299 kcal, 19 g de matières grasses, dont 10 g d’acides gras saturés, 16 g de glucides, moins de 1 g de sucres, 10 g de protéines et 1,46 g de sel.
C’est le seul des trois qui apporte vraiment des protéines.
C’est aussi celui qui a la composition la plus différente, avec une base de légumineuses fermentées. Sur le papier, il est donc plus intéressant que les deux autres. Mais en vrai, on attends pas qu’un fromage à raclette vegan ou pas soit intéressant d’un point de vue nutrition. On veut du gras, du goût, du sel et du fondant.
La fonte est comme les autres, assez longue. En bouche, je l’ai trouvé moins onctueux que RichesMonts. La texture reste collante, comme les deux autres.
Le goût est différent, plus marqué, assez écoeurant.
A priori c’est une nouvelle version (testé en décembre 2025). J’ai entendu plusieurs avis de personnes qui trouvaient l’ancienne version meilleure. Je ne peux pas comparer, puisque je n’ai testé que celle-ci. Je précise donc que mon avis porte sur la version achetée au moment du test, avec la composition indiquée sur mon paquet.
Il est encore plus cher et ce n’est clairement pas mon pref donc je n’en rachèterai pas non plus.
On sert quoi avec une raclette vegan ?
Depuis que je suis végétalienne, je ne fais plus juste pommes de terre et fromage vegan.
J’accompagne presque toujours avec des légumes rôtis. Et franchement, je trouve ça meilleur.
Ça apporte plus de goût, plus de texture, plus de couleur, et l’assiette est moins lourde à digérer.
En hiver, les légumes qui marchent très bien avec une raclette vegan sont les carottes, les poireaux, les champignons, les oignons rouges, les patates douces, le potimarron, le butternut, le panais, le chou-fleur, le brocoli, les choux de Bruxelles et les pommes de terre grenaille.
Je les coupe, j’ajoute un filet d’huile d’olive, du sel, du poivre, parfois du paprika fumé, du thym ou du romarin, puis je les fais rôtir au four.
Avec le fromage végétal fondu par-dessus, c’est vraiment très cool.
Je trouve aussi que ça se digère plus facilement qu’une raclette très classique.
Les fibres des légumes peuvent aider à la digestion d’un repas assez lourd et gras et participent au bon transit intestinal.

Et n’oublions pas la charcuterie. Aujourd’hui, il existe de plus en plus de charcuteries végétales très réussies.
J’aime bien accompagner la raclette avec le traditionnel et incontournable jambon végétal La Vie qu’on trouve maintenant de plus en plus facilement en supermarché. Le tofu fumé poêlé de la marque Taifun (en magasin bio) fonctionne aussi très bien !
On peut aussi ajouter des charcuteries de la marque ACCRO, comme leur tranché à l’italienne qui est vraiment sympa.
HappyVore commence aussi à proposer ce type d’alternatives en supermarché. Nous on aime bien leur salami végétal.
Là encore, ce sont des produits transformés. Ce n’est pas la base du quotidien. Mais pour une raclette, un apéro vegan, un repas entre amis ou une soirée simple en famille, ça fait très bien le job.
Pour trouver d’autres alternatives végétales réussies, il y a le site vegetal square sur lequel tu as 5% de réduction avec le code promo VEGGIE5. Je pose ça là si besoin.
Et si le sujet des alternatives au fromage t’intéresse, j’ai aussi testé une poudre pour faire une feta vegan maison. C’est à ce jour une des meilleures alternatives vegan à la feta que j’ai testées, surtout au niveau du goût et de la texture .
J’espère que cet article t’aidera à avancer dans ton cheminement. Si tu as testé des fromages à raclette vegan toi aussi, partage ton expérience et ton avis en commentaire. J’aimerai bien en découvrir de nouveaux (et des bons ahah)
Merci de m’avoir lu,
A très vite.
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